23 février 2021
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LES CORAUX D’EILAT MENACÉS

 

Avant de se rendre à Eilat pour participer à la cérémonie des 72 ans de la ville, le Premier ministre Benyamine Netanyahou s’est rendu dimanche (21/02) avec la ministre de l’Environnement Guila Gamliel sur la plage d’Ashdod pour voir quels étaient les risques encourus de pollution pétrolière. De son côté, le maire d’Eilat Meir Itshak Halevy a demandé aux ministres de l’Environnement et de l’Energie de vérifier que le projet d’acheminement du pétrole ne constitue aucun danger pour les résidents et pour le Golfe d’Eilat. « Nous demandons la surveillance et le contrôle de ce transfert afin qu’Eilat préserve toutes ses ressources naturelles, a-t-il déclaré. L’industrie touristique est la colonne vertébrale de la ville et elle a déjà souffert ces derniers temps en raison de la crise du coronavirus. Pour rappel, en octobre dernier, dans le cadre de la normalisation entre les deux pays, la société publique israélienne « Europe-Asia Pipeline Company » (EAPC) a annoncé un « protocole d’entente contraignant » avec une coentreprise israélo-émiratie (MED-RED) récemment créée, portant sur le transport maritime de pétrole émirati vers Eilat. De cette cité balnéaire, le brut devrait dans les prochains mois être acheminé par oléoduc jusqu’à Ashkelon, avant d’être exporté vers l’Europe. L’entreprise publique israélienne a indiqué que des « dizaines de millions de tonnes » de brut supplémentaires pourraient transiter chaque année via Eilat dans le cadre de cet accord.

Ceci à toutes les raisons d’inquiéter les défenseurs de l’environnement qui dénoncent le risque d’une catastrophe écologique. Récemment, des manifestants se sont rassemblés à Eilat pour protester contre « un désastre à retardement » et dénoncer la priorité donnée « aux profits, aux dépens des coraux ». « Les récifs coralliens sont à 200 mètres de l’endroit où le pétrole est déchargé. On nous dit que les tankers sont modernes et qu’il n’y aura pas de problème, mais les défaillances sont inévitables », affirme Shmulik Taggar, fondateur de la Société pour la conservation de l’environnement de la mer Rouge. Opinion partagée par Nadav Shashar, biologiste marin à l’Université Ben Gourion de Beersheva, qui explique que les coraux d’Eilat sont situés trop près du port où opère l’EAPC. « Si davantage de pétroliers y accostent, cela aura un impact sur les récifs coralliens, qui ont jusqu’ici mieux résisté que d’autres au changement climatique et au blanchiment (phénomène de dépérissement des coraux lié aux vagues de chaleur). Contrairement à des ports plus modernes, celui d’Eilat n’est pas équipé pour empêcher la pollution mais seulement pour traiter les fuites une fois qu’elles ont eu lieu, et ces dernières sont inévitables lors du transfert vers l’oléoduc. Compte tenu du volume de brut devant arriver à Eilat, il y aura une pollution pétrolière constante », alerte le biologiste, qui fait partie des 230 experts ayant demandé au Premier ministre israélien Benyamine Netanyahou de revenir sur l’accord (Source : Geo.fr).

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